17/05/2015

Les Plongeurs de l’or noir

plongeur-plateforme-petrole.jpgUn être humain peut-il résister au poids de 200, 300... 500 mètres d’eau ? Et à ces profondeurs-là, comment respire-t-il puisque l’air lui-même devient un poison mortel ? En outre, à ces difficultés, s’ajoutent l’angoisse de la nuit complète, éternelle, et le froid des grands fonds. En effet, la lumière du soleil ne perce plus ces eaux.

Alors, pourquoi s’enfoncer si bas sous la surface ? Pourquoi risquer sa vie dans ce monde de ténèbres oppressant ? Pour aller y chercher du pétrole, le fameux “or noir” qui nous éclaire, nous réchauffe, fait tourner les usines et les moteurs des automobiles. Car sous certains fonds océaniques, dorment des roches remplies du précieux liquide.
Mais comment percer la roche sous-marine ? Comment extraire le pétrole ? En amenant en pleine mer d’immenses plates-formes et, au- dessous d’elles, en forant des puits, posant des canalisations, branchant des vannes... Cela veut dire creuser, découper, souder, boulonner au fond même de la mer.
Pour entreprendre cette grande aventure, des équipes de plongeurs, à la pointe du progrès, travaillent dans un environnement hostile. Et si nous descendions avec eux ?

Enfermés sous le poids de la mer

Sur le pont du navire qui transporte les plongeurs au-dessus de leur lieu de travail, la “tourelle” vient d’être mise en place. Il s’agit d’une version très moderne de la cloche de sir Edmond Halley. Trois hommes y sont déjà emprisonnés. Ils respirent un air artificiel (l’héliox), dont la pression est aussi écrasante que celle qui règne en profondeur.



Plongée Guadeloupe, plongez dans la... by plongerguadeloupe

Le bateau stoppe en pleine mer. Une grue saisit la tourelle et la suspend au-dessus des flots. Une gerbe d’écume ruisselle sur les pare-chocs et les réserves d’héliox qui entourent cet étrange ascenseur en partance pour les fonds marins. Par un étroit hublot, les plongeurs voient disparaître la surface : leur longue descente commence vers l’obscurité des profondeurs.
Arrivés à pied d’œuvre, 200 ou 300 mètres plus bas, les hommes ouvrent une trappe dans le plancher de leur cabine. L’eau ne peut y pénétrer, car l’énorme pression de l’héliox la repousse. Dehors, les projecteurs trouent la nuit sur une dizaine de mètres à peine. Les plongeurs ne s’éloignent pas davantage. D’ailleurs, les tuyaux qui leur distribuent l’air artificiel sous pression les maintiennent rattachés à la tourelle.
Par ce même conduit, que l’on appelle le narguilé, arrive aussi un courant d’eau chaude : il circule dans la combinaison des plongeurs et leur permet de lutter contre le froid. Enfin, grâce à un fil téléphonique, ils peuvent parler avec leur compagnon resté dans la tourelle ou avec le navire. Mais l’héliox rend leur voix méconnaissable, incompréhensible. Un appareil spécial en assure la “traduction” !
Après quelques heures de travail, les plongeurs sont épuisés. La tourelle remonte, mais à l’intérieur l’énorme pression de l’air artificiel demeure. Et heureusement. Si la pression diminuait, les hommes en mourraient !

Plongée et vie en boîte

Ces plongeurs vivent ainsi sous pression pendant plusieurs jours, plusieurs semaines. Même lorsqu’ils sont à bord du bateau. Un ensemble de citernes, de “caissons”, amarré sur le pont, leur tient lieu d’hôtel. A l’intérieur règne toujours la même pression. Et la nourriture, les boissons, les soins éventuels doivent leur parvenir dans les mêmes conditions. Télévision et casque stéréo les aident à passer le temps...
Dans quelques heures, la tourelle, hermétiquement fixée au caisson-hôtel, viendra reprendre les plongeurs. Mais pendant leur repos, une autre équipe est descendue travailler sur le fond. Pour les travailleurs de l’or noir, il n’y a pas de temps à perdre.
A la fin des travaux, la pression sera ramenée très lentement à la normale à l’intérieur des caissons d’habitation. Parfois, les plongeurs attendront plusieurs jours avant de pouvoir sortir sans danger à l’air libre.
Voilà l’étrange aventure quotidienne des plongeurs des grands fonds. On les rencontre sur les gisements de pétrole, mais on leur demande aussi d’aller visiter l’épave engloutie d’un avion accidenté... ou de vérifier l’état des portes étanches d’un pétrolier géant qui a sombré avec sa dangereuse cargaison.

De magnifiques reportages sous- marins

Des cinéastes, des savants, des fermiers... et des plongeurs

plongeur-sous-marin.jpgA la télévision ou au cinéma, vous avez certainement déjà vu de magnifiques reportages sous- marins. Le long des parois escarpées des falaises englouties, vous avez admiré des bouquets d’anémones de mer, des branches de corail. Vous avez visité des grottes noyées ou des cales défoncées de navires naufragés en mer des caraibes.
Saviez-vous que pour filmer ces scènes extraordinaires, de longues semaines de plongée ont été nécessaires ? Qu’avant de filmer, les hommes ont dû s’habituer aux mouvements des eaux, aux courants qui les déséquilibraient sans cesse? Qu’ils ont dû aussi trouver mille astuces pour protéger leurs appareils de prise de vues, leurs projecteurs ? Et quelle patience pour suivre les migrations des poissons jour après jour, obtenir de bonnes images de leurs repas, de leurs pontes, de leurs chasses !

...et des plongeurs très spécialisés

Tandis que dans les eaux claires et accueillantes, cinéastes, savants, fermiers s’intéressent à la vie marine, de nombreux ouvriers spécialisés s’activent dans l’eau peu engageante des ports et des chantiers sous-marins. Certains recherchent et colmatent les fissures dans les coques des navires, remplacent les hélices accidentées. D’autres refont les soudures affaiblies par la rouille ou l’attaque des animaux marins. D’autres, enfin, consolident les piles des ponts ou réparent les soubassements des quais.
Ainsi, plongeurs et scaphandriers sont de tous les métiers. Toutefois, le plus souvent, ils ne s’enfoncent pas à plus de quelques dizaines de mètres sous les vagues. Au-delà de 100 mètres, des plongeurs mieux entraînés vivent une aventure encore plus périlleuse, encore plus pénible.



Qu’ils ont dû aussi trouver mille astuces pour protéger leurs appareils de prise de vues, leurs projecteurs ? Et quelle patience pour suivre les migrations des poissons jour après jour, obtenir de bonnes images de leurs repas, de leurs pontes, de leurs chasses !
Une passion aussi forte anime les savants qui étudient les mystères de la vie marine. Et beaucoup d’entre eux n’hésitent pas à plonger en Guadeloupe pour mener à bien certaines expériences, pour suivre certaines observations.
Ils mesurent la force des courants, prélèvent des échantillons d’eau, percent les secrets de la vie des algues, des coquillages, des étoiles de mer, des vers, des crustacés... Plus tard, grâce à leurs recherches, de véritables fermiers marins tenteront de nouveaux élevages ou de nouvelles cultures. Déjà, des tonnes de crevettes, de soles, de saumons, d’anguilles sont vendues sur les marchés de Pointe-A-Pitre.

Plonger à la suite des pêcheurs d’éponges

plongee-eponge.jpg

Dans les eaux chaudes et claires de l’océan Pacifique ou de la mer Méditerranée, d’autres plongeurs sont au travail. Depuis des siècles, hommes et femmes de certains villages côtiers cherchent d’autres trésors, naturels ceux-ci, nés dans les profondeurs des eaux : éponges ou corail, perles ou nacre.
Ce que ces pêcheurs accomplissent chaque jour nous semble à peine croyable. Ils - ou elles - s’enfoncent sous les flots, inlassablement, coulant à pic, entraînés vers le fond par une lourde pierre. Pour toute précaution, ils ont aspiré une grande  bouffée d’air frais. Et ils vont rester ainsi sous la mer, sans respirer, pendant deux minutes, trois minutes... et jusqu’à cinq minutes parfois. Ces pêcheurs plongeurs fouillent la rocaille des yeux pour y découvrir leur précieux gagne-pain. Puis ils crèveront la surface, dans un râle de soulagement, remontant de 30,40, 50 mètres de profondeur. Le temps de vider leur panier dans une barque, de reprendre souffle, et ils recommencent !

En 1983, un homme a réussi un véritable exploit en retenant simplement sa respiration, comme le font les pêcheurs d’éponges. En effet, le Français Jacques Mayol a pu atteindre ainsi la profondeur record de -105 mètres : la limite de la nuit éternelle sous la mer.

15:22 Publié dans Voyage | Lien permanent

15/11/2013

La plongée sous-marine

2427162_l-2.jpgLa plongée sous-marine voit chaque jour le nombre de ses adeptes aug­menter et pour certains, cela devient une véritable passion. Les films du Com­mandant Cousteau, de Luc Besson, de Christian Pétron, pour ne citer que les plus célèbres, montrent au grand public les beautés du monde sous-marin et de nombreux spectateurs sont ainsi tentés de devenir acteurs. Aux États-Unis, il y a près de 3 millions de plongeurs pour 232 millions d'habitants et au Japon, il y en a plus d'un million pour 118 millions d'habitants, alors que la plongée était presque totalement ignorée dans ces deux pays il y a une douzaine d'années.

En France, où les premières plongées avec bouteille ont été effectuées sur la côte méditerranéenne il y a presque 50 ans, on ne compte toujours qu'environ 360 OOO plongeurs licenciés pour 60 millions d'habitants. Bien qu'inventeurs de la plongée avec scaphandre autonome, nous avons donc proportionnellement 4,7 fois moins de plongeurs en France qu'au Japon et 7 fois moins qu'aux U.S.A.

Mais l'ouverture récente de cette activité aux enfants, un plus grand professionnalisme des enseignants, l'abandon de la « pédagogie commando » (n'oublions pas que nos premiers moniteurs étaient pour beaucoup issus des nageurs de combat) au profit d'un enseignement « à la carte », adapté aux aspirations de chaque élève, permettent de penser que ce nombre va croître de façon importante dans un avenir proche.


Les joies que la plongée apportent sont multiples :

  • Évolution dans un espace à trois dimensions, avec cette sensation de légèreté que doit avoir l'oiseau dans le ciel.
  • Surpassement de soi-même, maîtrise de ses premières angoisses, bon­heur lié à une réussite que l'on osait à peine espérer.
  • Découverte d'un monde fantastique, étrange et beau à la fois, où les espèces animales sont multiples et bizarres, où l'architecture des fonds est souvent imposante, et auquel on a le sentiment avec l'expérience, d'appartenir un peu plus à chaque plongée.
  • Luxuriance des formes et plongée au milieu des poissons tropicaux que notre nouveau mode de vie met à la portée de (presque) tous.
  • Sentiment de solitude de l'homme tout petit, dans cette immensité, mais aussi confraternité liée à l'assistance réciproque et au partage des impressions ressenties.
  • Activités annexes passionnantes telles que la photo, le cinéma, la vidéo, les recherches archéologiques, la spéléologie.
  • Débouchés professionnels possibles pour certains : monitorat, travaux sous-marins, biologie, aquaculture, etc.

21:45 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0)